Le cheval

Une croyance, qui paraît être ancrée dans la mémoire de tous les peuples, associe généralement le cheval aux ténèbres du monde. Fils de la nuit et du mystère, le cheval est à la fois porteur de vie et de mort. Il est aussi lié au feu (destructeur et triomphateur), et à l’eau (nourricière et asphyxiante).

Mais il arrive que le cheval quitte ses origines ténébreuses pour s’élever en pleine lumière. Vêtu d’une robe blanche, il prend place au pays des dieux bons et des héros. Ce cheval blanc céleste représente l’instinct contrôlé, maîtrisé, sublimé,… et il est selon l’éthique nouvelle, la plus belle conquête de l’homme. Son destin est donc devenu inséparable de celui de l’humain.

En pleine journée, entraîné par la puissance de sa course, le cheval galope à l’aveugle, et le cavalier, les yeux grands ouverts, prévient ses paniques et le guide. Mais la nuit, quand le cavalier à son tour devient aveugle, le cheval se fait voyant et aide.

Certaines figures de la mythologie grecque, dont celle de Pégase, représentent, non la fusions des deux plans du dessus et du dessous (cieux et ténèbres), mais le passage de la sublimation de l’un à l’autre.

Participant du « secret » des eaux fertilisantes, le cheval connaît leur cheminement souterrain. C’est ce qui explique que, depuis l’Europe jusqu’en Extrême-Orient, il passe pour avoir le don de faire jaillir des sources du choc de son sabot sur le sol. Pégase lui même inaugure cette croyance en créant la source Hippocrène, non loin du bois sacré des Muses.

Attelé au char du soleil, le cheval blanc devient l’image de la beauté accomplie par le règne de l’esprit sur les sens. Blanc (mais d’une blancheur éclatante), le cheval est le symbole de la majesté.

En conclusion, il apparaît que le Cheval constitue un des archétypes fondamentaux que l’humanité ait inscrits dans sa mémoire. Le cheval passe avec une aisance égale de la nuit au jour, de la mort à la vie, de la passion à l’action,... Il relie donc les opposés dans une manifestation continue, et est à la fois Vie et Continuité. Il est aussi Merveille, et il ne faut pas s’étonner que l’homme l’ait si souvent sacralisé de la Préhistoire à l’Histoire. Malgré ça, un seul animal le dépasse peut-être en subtilité dans le bestiaire symbolique de tous les peuples : le serpent, qui comme le cheval, « coule » incessamment entre les enfers et les cieux.

Il n'y a plus rien à lire, il faut remonter maintenant ^^.